Maurienne, juillet 2001

Pendant le mois de juillet 2001, j'ai eu la chance de passer une vingtaine de jours en Maurienne (sud-est de la Savoie).

Cette région magnifique, et par bonheur encore épargnée par la présence salissante et avilissante du tourisme de masse — rien à voir avec la vallée de Chamonix ! — vaut réellement le déplacement, aussi bien pour le citadin avide de calme et de sérénité que pour l'entomologiste à la recherche d'espèces rares : il suffit de s'éloigner un peu des usines, de l'autoroute, de la nationale et du chemin de fer, et c'est la vie savoyarde parfaitement authentique qui s'ouvre à nous, dans une nature exceptionnellement bien préservée. Juste au-dessus de St-Jean-de-Maurienne, j'ai pu voir des Apollons et des Gazés voler par dizaines. Mais ce paradis peut se transformer en véritable enfer lorsque le Soleil a la déplaisante pudeur de se retirer dans un épais manteau de nuages, manteau souvent bien encombrant car la plupart du temps, on ne distingue plus rien à 5 m, et surtout, plus de papillons ! Heureusement, dans mon cas, cela n'aura duré qu'une petite semaine.

J'ai effectué une grande partie de mes chasses de jour, et toutes celles de nuit, au-dessus de St-Jean-de-Maurienne, notre location étant située aux environs de Jarrier, sur le flanc sud du Grand Châtelard, à une altitude d'environ 1400 m. J'ai utilisé deux filets à papillons, un grand et un petit. Les spécimens retenus — j'en relâchais en effet un grand nombre — étaient "endormis" à l'éther acétique — ce qui m'a valu quelques déconvenues, car à la chaleur, les ailes des papillons s'imprègnent de la vapeur d'éther, et les couleurs s'en trouvent parfois aliénées... Pour les chasses de nuit, les papillons étaient attirés par deux tubes superactiniques (voir photo) contenus dans une lampe de camping, qui malheureusement avait une batterie intégrée, laquelle ne me permettant pas de rester plus de 3 heures. Ainsi, pour faire une nuit complète, j'étais obligé d'en faire une de 22h30 à 0h30, une de 0h00 à 3h00 et un autre de 2h30 à 5h30. J'ai aussi élevé quelques chenilles, mais pour un résultat quasi-nul, à cause d'un d'un taux de parasitage à mon gôut trop élevé (sur 12 chenilles d'Aglais urticae, seules 2 ont atteint l'âge adulte !), mais aussi du fait de la mauvaise disposition des chenilles à aimer ce qu'elles ont quand elle n'ont pas ce qu'elles aiment !

Un certain nombre d'espèces trouvées sont plutôt à affinités méridionales, et j'y ai même rencontré quelques raretés. Malheureusement, je n'ai aperçu que de très rares Colias et quasiment aucun Euchloe, Pontia et autres Piérides. Les Sphinx n'étaient pas non plus très nombreux. Sinon, beaucoup de Moirés, de Mélitées et de Lycènes. La plupart des exemplaires étaient en bon état.

Pour des raisons "pratiques", je me suis limité aux Rhopalocères et aux macro-Hétérocères, délaissant toute la multitude de micro-Lépidoptères.

Pour conclure, c'est une région qui vaudrait la peine d'y effectuer des chasses plus systématiques, vue la qualité des biotopes, et par là, la présence d'un grand nombre d'espèces intéressantes. Et je le répète, c'est un lieu vraiment agréable et reposant.


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